Les associations dénoncent la fermeture de la jungle de Calais

La décision du ministre de l’Intérieur de fermer ce camp de migrants clandestins a provoqué le courroux des associations.

Les réactions étaient prévisibles. Suite à la décision d’Éric Besson, hier soir sur TF1, de fermer la « jungle » de Calais, les associations d’aide aux migrants élèvent la voix. « Les droits des migrants sont bafoués.

Cela ne va rien solutionner à terme, cela va uniquement déplacer le problème », regrette Vincent Lenoir, secrétaire de l’association Salam, qui apporte notamment de la nourriture et des soins aux habitants de la « jungle ».

Le ministre de l’Intérieur prévoit de débarrasser ce campement des centaines de migrants qui y sont installés, « avant la fin de la semaine prochaine ». Mais aucune solution claire n’est encore envisagée quant au devenir de ces Afghans, Irakiens, Érythréens, etc. qui attendent de passer en Angleterre. Natacha Bouchart, maire (UMP) de Calais, affirme elle-même ne pas être au courant des mesures envisagées.

Éric Besson a assuré qu’une « solution individuelle » serait proposée à chacun et que trois options étaient envisageables : le retour volontaire, la demande d’asile, l’expulsion. Les Afghans pourraient être épargnés des mesures d’expulsion vu le danger qu’ils encourraient en retournant dans leur pays.

Ces « solutions individuelles » paraissent cependant difficiles à trouver, surtout en si peu de temps. « M. Besson dit que les migrants doivent demander l’asile et qu’ils seront accueillis dans des centres. C’est faux, archi-faux : à ma connaissance, il n’y a pas de foyer capable d’accueillir 200 ou 300 personnes », souffle Joël Deseigne, bénévole à l’association la Belle Étoile, qui distribue notamment des repas aux migrants.

Pour l’association Salam, la question devrait être réglée en amont : « Il y a un problème juridique, avant toute chose. Si le migrant n’obtient pas l’asile en France, il ne pourra pas le demander ailleurs. Et les critères sont différents selon les pays. Cela encourage l’immigration clandestine.»

Déménagement ou démantèlement ? La décision de fermer la « jungle » est motivée par des questions de sécurité. « La loi de la jungle, ça veut dire que c’est une zone de non-droit, c’est la zone des violences », a déclaré Éric Besson. « Nous avons reçu une centaine de courriers de plaintes et une centaine de mains courantes, de mères de famille agressées dans la rue pour leur sac, de jeunes filles agressées pour leur portable » assure-t-on au cabinet du maire de Calais.

Natacha Bouchart a même parlé sur RTL d’un « ras le bol général » et des habitants de la ville qui « souffrent depuis de nombreuses années ». Avant d’employer un terme lourd de sens : « Psychologiquement, il est important qu’on la déménage, cette jungle, qu’on la démantèle ». Car c’est bien là que le bât blesse : il ne s’agit que du déménagement du squat.  La fermeture de la « jungle » risque donc de faire écho à celle du centre de Sangatte, en 2002, qui n’avait en rien résolu le problème de l’immigration clandestine à Calais. Comme l’histoire le montre aujourd’hui.

Elsa Maudet (avec Lorraine Gublin)

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