David d’Angers : les migrants expulsés

L’expulsion promise a bien eu lieu. Les 116 migrants du foyer de travailleurs ont été délogés, y compris les trois malades qui disposaient d’un délai de deux mois pour quitter les lieux.

Expulsion foyer David d'Angers / PR

La quasi-totalité des migrants a quitté les lieux sans opposer de résistance. Quelques uns ont dû être menottés.

Périmètre verrouillé, interdiction de passer. Mardi, les forces de l’ordre sont intervenues dans le foyer de travailleurs migrants de la rue David d’Angers, dans le XIXème arrondissement de Paris, pour déloger les résistants. Ils étaient encore 116, les 116 « oubliés » à qui l’on n’avait promis aucune solution de relogement, à occuper les lieux. A  l’arrivée de la police, certains ont accepté de partir, quelques valises sous le bras. Une cinquantaine d’hommes ont continué à faire le pied de grue, refusant de quitter ces lieux où certains vivent depuis vingt ans.

Deux cars, l’un affrété par l’Aftam, la société gestionnaire du foyer, l’autre par la police, ont finalement emmené les migrants restant vers des centres d’hébergement parisiens. Ne restait que Boubacar Nanakassé, l’un des trois malades, président de l’Association des rejetés et des oubliés du foyer, bien décidé à ne pas bouger.

70 migrants avaient déposé une demande de délai auprès de la cour d’appel de Paris. Toutes les demandes ont été rejetées, sauf celles de trois malades. Deux malades ont fini par accepter de signer leur acte de départ, mais Boubacar s’est accroché à son droit de rester deux mois supplémentaires dans le foyer. Pas question pour lui de laisser l’Aftam se réapproprier le lieu ainsi.

Dans le courant de l’après-midi, les associations et les forces de l’ordre ont tout de même réussi à le convaincre de rejoindre un centre d’hébergement. Le foyer n’a de toute façon plus de courant. Mais il a tenu bon : il n’a pas signé son acte de départ.

« Le soutien est en train de s’organiser »

Des solutions provisoires ont donc été proposées à tous les migrants délogés. Une vingtaine ont été envoyés dans un centre porte de Clignancourt, d’autres dans le XIIème arrondissement ou à Nanterre (Hauts-de-Seine). Mais ces derniers refusent de quitter la rue David d’Angers. « Ils ne veulent pas y aller car c’est dans le 92 et qu’ils travaillent à Paris. Ça fait loin. En plus, ils doivent respecter des heures d’entrée et de sortie et ne peuvent pas recevoir de visites. Ils veulent leur liberté ; là, ils ont l’impression d’être en prison« , explique Samba Diallo, dont plusieurs cousins vivaient dans le foyer.

Mardi soir, ils étaient entre trente et quarante postés devant le foyer. Face aux CRS, sans heurts ni provocations. « On a joué du tam-tam, des voisins ont apporté des vêtements parce qu’il fait froid« , confie Samba Diallo. « On va dormir là, assure Camara Cheikh Tidiane, un des résidents, le soutien est en train de s’organiser« .

Elsa Maudet

Aller plus loin :

Dans le foyer des « oubliés », article paru dans Libération le 19 octobre

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5 réponses à “David d’Angers : les migrants expulsés

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  4. Il a fallu 10mn à la police pour démonter le camp des expulsés du foyer David d’Angers, ce matin à 8H…

    http://cancioneiro.wordpress.com/

  5. Nous, voisins, avons créé une page sur facebook pour relayer toutes les infos et essayer de fédérer les bonnes volontés . Devenez fan de « les amis du foyer David d’Angers ».

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